On inaugure la toute nouvelle HOTLINE avec Nicolas qui est allé voir Archive à l’OM.
Nicolas, qui est bibliothécaire dans la vraie vie, va voir Archive. Y’a que moi que ça fait ricaner ?

Ce 1er avril, je l’attendais avec impatience. Pas pour faire une bête blague ni même pour découvrir celles que la presse quotidienne -oui, je suis un lecteur de journaux, je sais, ça fait bizarre hein, j’aime ça le journalisme professionnel et, tout comme je suis prêt à payer pour écouter de la musique en ligne ou aller au concert, vous voyez, on se rapproche du sujet, je suis prêt à payer pour lire un vrai journal écrit par des vrais journalistes- que la presse quotidienne donc avait mitonné pour l’occasion, non, mais pour le concert d’Archive dont le ticket me brûlait la papatte chaque fois que je l’effleurais sur l’écran de mon smartphone.
Archive : vieille histoire, un album –You all look the same to me– que je découvre avec étonnement à sa sortie. Quoi ? C’est possible ce rock engagé ? Cette musique qui ménage des montées en progression dignes de Led Zep ? Mâtinées de hip-hop, dont l’écoute te file tellement d’énergie que tu peux grimper sur ta bicyclette le dimanche après-midi après le poulet-frites et, les écouteurs dans les oreilles, te sentir pousser deux heures durant des ailes sur les ravels? Ben ouais, c’est possible !
Suivit la suite… d’autres albums qui en remettent des couches, et un premier concert à l’AB, hypnotique et immersif. Un genre de mur de son contre lequel on ne peut s’empêcher d’aller cogner, deux heures durant, Again. And Again…

Autant dire que cette fois, la barre était placée haut, l’espoir était -au minimum- d’éprouver à nouveau cette sortie complète de tout ce qui fait notre quotidien, de se sentir entièrement immergé, comme enveloppé et pris par la main par des types -et une fille- qu’on ne connaît pas et auquel pourtant on se fie. Des attentes j’en avais donc et un peu de prescience aussi, après avoir écouté en boucle Glass Minds, sorti il y a peu, et dont je me disais que le premier morceau, Broken Bits, entièrement instrumental, ferait un début de concert idéal. Gagné. Suivi de près par une pièce maîtresse de ce même opus, Look at us, que je me suis écouté en boucle après sa découverte. Déjà là, question envoûtement, on y est en plein, les images, un rien alarmantes et projetées en boucles rapides renforçant le propos anxiogène du titre. Le reste du nouvel opus nous est offert avec cœur, passion et l’envie de nous filer quelque chose de durable, un moment dont on se souvient ; ceux-là, sur la scène, avaient déjà joué le jour précédent sur cette même scène, probablement le même set et pourtant c’est comme s’ils venaient de sortir de l’œuf. Après, merci, merci pour ce Again sans doute répété 1000 fois sur scène et qui nous a quand même mis sur les rotules et les poils dressés sur les bras, et alléluia pour ce Fuck U qu’on connaît par cœur et qu’on voulait quand même. Et aussi, après les rappels, merci les gars d’avoir juste dit, comme pour préciser que c’est pas parce qu’on joue des morceaux aussi tourmentés que l’époque qu’on en devient aigris et tristes sires, d’avoir juste dit We want peace, we want love.



Comme Nicolas, va a des concerts. Sors. Fous de la musique dans tes oreilles. Et si le coeur t’en prend, envoie-nous une petite bafouille pour nous raconter tout ça, et si on perçoit tout l’amour que tu as mis dedans, il se peut qu’on tapotte sur nos claviers pour le faire apparaître sur les internets. La magie du partage, le partage de la magie. C’est beau comme un slogan des années 80 !
